Discours
  Allocution de Son Altesse le Premier Ministre lors du dîner offert en l’honneur de M. Lee Kuan Yew, ancien Premier Ministre de Singapour  
  18 Novembre 2006  
     
 

Son Excellence  Monsieur Lee Kuan Yew, le Ministre Mentor, 
Son Excellence Cheikh Jaber AL Abdullah Al Jaber Al Sabah
Son Excellence Cheikh Meshal Ahmad Al Jaber Al Sabah
Son Excellence Vice-président de la Garde Nationale,
Vos Excellences les Cheikhs, les Ministres, et les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Que la Paix de Dieu soit avec vous,

C’est avec un grand plaisir que nous vous accueillons au Koweït, qui ressemble sous plusieurs aspects à votre pays Singapour, ce pays qui a enrichi le monde par de multiples leçons, notamment sur la méthode qu’adopte un petit pays pour réaliser une remarquable réussite économique, politique et sociale grâce à une administration avisée et courageuse, telle que la vôtre qui a porté Singapour  du tiers monde au monde des pays développés. 

J’ai le plaisir aussi de remémorer avec vous ma visite dans votre pays, en novembre 1990, alors que le Koweït était sous l’emprise de l’odieuse occupation d’un tyran démoniaque. Votre attitude courageuse en optant pour le soutien du Koweït et l’accueil chaleureux que m’a réservé votre Gouvernement démontrent et soulignent vos principes inébranlables d’amateur de la paix et de la sécurité des peuples, auxquels vous avez toujours adhéré. Le souvenir de cette visite reste présente dans ma mémoire ainsi que  dans celle de mes collègues de la délégation koweitienne qui m’accompagnait.  

Nous aussi au Koweït, nous sommes décidés à obtenir des résultats positifs dans le domaine du développement de notre pays, sur le plan économique et politique comme vous l’avez fait à Singapour, et cette insistance découle de la noble et sincère volonté de S.A. l’Emir de l’Etat du Koweït, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah, qui nous a établi les bases fondamentales du développement économique du Koweït pour pouvoir suivre les autres pays du monde et afin d’assurer à sa population la prospérité et le développement continus. Et, c’est là que réside la ressemblance avec votre pays. 

Monsieur le Président,
C'est avec un intérêt et un plaisir intense que j’ai lu les  Mémoires  que vous avez publiées,  « l’Histoire de Singapour, du Tiers Monde au Premier Monde», qui, comme vous le savez, ont été publiées en  langue arabe et traduites en plusieurs autres langues.

J’ai été fasciné par ces récits qui racontent la volonté inébranlable des hommes, comme vous, qui font face aux difficultés et affrontent le défi par le défi, tout ceci émanant de votre foi en votre peuple et en son droit à la vie et au progrès. Et voilà Singapour aujourd’hui, qui jouit d’une performance économique avancée et d’une remarquable stabilité politique. Et c’est grâce à votre gestion avisée et à votre présence politique en tant que Premier Ministre que Singapour a atteint cet admirable rang sur la scène internationale. 

La ressemblance entre nos deux pays ne s’arrête pas là. Nous aussi, nous avons fait face à de grandes difficultés et lutté pour affronter un voisin coléreux et agressif, et c’est grâce à Dieu et à la détermination et au dévouement du peuple Koweitien, hommes et femmes, que nous avons réussi à affronter ces difficultés et à les vaincre, tout comme vous l’avez réussi vous-même.

Les débuts de Singapour dans son long parcours vers la stabilité et le développement que vous avez dirigé avec succès, dans les années soixante, concordent avec les débuts de Koweït, lorsque nos ancêtres ont veillé à obtenir l’indépendance du Koweït, et à le doter d’une constitution moderne qui régit ces affaires générales. A notre tour, nous veillons à respecter et à améliorer l'efficacité de cette constitution pour progresser dans la voie du développement car le respect de la constitution et l’application des lois sont les bases essentielles de la stabilité et du développement à condition que la législation soit flexible et élaborée pour servir les intérêts du peuple et pour la réalisation de ses ambitions.   

Enfin, permettez-moi de citer une phrase des mémoires de Mme Margaret Thatcher, l'ancien premier ministre de la Bretagne, et notre amie commune : «Quand j’étais au pouvoir, j’ai veillé à lire et à analyser chaque discours de M. Lee Kwan Yew car il avait toujours une méthode unique pour dissiper les confusions de la propagande et  exposer les problèmes de notre siècle avec les moyens requis pour les résoudre. Il avait toujours raison.»

De nouveau aujourd’hui, le besoin de dissiper les confusions de la propagande devient urgent dans l’intérêt de nos peuples, dans un atmosphère de détermination pour suivre les exigences de notre siècle et poursuivre la marche du développement de l’humanité et de nos peuples.

Encore une fois, et au nom du Koweït, soyez le bienvenu, en tant qu'un ami et qu'un invité, en appréciation de vos efforts remarquables au service de votre pays et de l’humanité.

 
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