Discours
  Allocution de Son Altesse le Premier Ministre à la 63ème Session de l'Assemblée Générale des Nations Unis  
  25 Septembre 2008  
     
 

Monsieur le Président,

J'ai le plaisir de vous féliciter pour votre nomination à la présidence de la 63ème  session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, en vous souhaitant tout le succès. Je voudrais également remercier votre prédécesseur M. Srgjan Kerim, pour sa direction de la dernière session.

Je tiens de même à exprimer toute mon appréciation pour l'important et remarquable rôle de M. Ban Ke-Moon, le Secrétaire Général des Nations Unies, pour la réalisation des buts et des objectifs du pacte de cette Organisation.

Monsieur le Président,

Le monde a témoigné, depuis plus d'un an, l'apparition  de nouveaux défis et dangers internationaux, qui entravent et empêchent la réalisation du développement durable dans de nombreux pays, notamment dans les pays en voie de développement et dans les pays  sous-développés. Les plus menaçants de ces défis et dangers sont la hausse des prix des produits alimentaires et des matières de base, la hausse des prix de l'énergie, et le phénomène du changement climatique.

Le danger de ces défis réside dans le fait qu'ils ont une influence mondiale énorme, qui dépasse, par ses effets néfastes  toutes les frontières nationales, et qui détruit toutes les barrières ou restrictions improvisées, et qui conduiraient la communauté internationale vers un recul considérable dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. En fait, nous avons commencé à remarquer les effets négatifs de ces dangers dans le continent africain qui n'a  réalisé aucun progrès palpable dans sa lutte contre la pauvreté, la famine et les maladies graves et contagieuses, tels que le sida et le paludisme. Au contraire, ces défis ont augmenté la souffrance de la majorité de ses pays.

Ces défis, auxquels s'ajoutent les défis de la sécurité, tels que le terrorisme, le déploiement des armes de destruction massive, et la violation des droits de l'homme, menacent gravement la paix et la sécurité internationales, et exigent un travail collectif immédiat et ferme, sous l'égide des Nations Unies et de ses divers organes, comme ils exigent un engagement ferme et continu à respecter les conventions et les traités que nous avons signés et ratifiés, avec une mise en œuvre sincère et transparente de nos décisions émises lors des conférences et des réunions internationales.

Le Koweït supporte les réformes introduites aux mécanismes du fonctionnement des organes internationaux. Cependant, les changements et les transformations continus dans le système mondial, et l'apparition de nouveaux problèmes et défis, exigent la mise en place de réformes, d’une façon continue, et la restructuration de nombreux organes de l'ONU, de façon à convoyer ces changements, et à améliorer la performance de ces organes. A cet égard, nous renouvelons notre requête concernant la nécessité de travailler, dans le but d'améliorer, et de développer le fonctionnement du Conseil de Sécurité, et d'exécuter ses travaux avec plus de transparence, et d'augmenter le nombre de ses membres, conformément aux normes et aux critères, qui réalisent un équilibre juste dans la représentation, et dans l'efficacité de ses fonctions et de ses responsabilités dans le cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales, tout en prenant en considération, les demandes légitimes des pays arabes et islamiques, et les aspirations et les intérêts des petits pays.

Monsieur le Président,

L'Etat du Koweït  poursuit ses efforts, pour réaliser le développement économique et social, et pour assurer à l'individu koweitien, et à ceux qui partagent avec lui la vie sur le territoire du Koweït, un meilleur niveau de vie digne et décente.

Le Koweït a déjà réalisé un progrès remarquable dans la voie de l'accomplissement des engagements et des décisions du sommet mondial de l'an 2005.  Il a réalisé tous les objectifs du Millénaire pour le développement, y inclus les objectifs relatifs à l'enseignement, à la santé et au renforcement du rôle de la femme, et de sa place dans la société. En réponse à la volonté suprême de Son Altesse l'Emir, visant à transformer le Koweït en un centre financier et commercial dans la région, le Koweït a pris de nombreuses décisions importantes, et a adopté de nouvelles politiques, dans le but de reconstruire son économie nationale, de renforcer et de développer les activités commerciales, et de l'investissement, et d’assurer une ambiance adéquate pour encourager et attirer les capitaux nationaux et étrangers à investir dans les divers domaines vitaux, tels que l'énergie et l'infrastructure.

Monsieur le Président,

Le Koweït n'a  ménagé aucun effort à continuer à offrir des aides de développement, aux  pays en voie de développement, et aux pays sous-développés, par l'intermédiaire de ses institutions officielles et non-officielles.

Cette méthode est fixe dans la politique étrangère du Koweït, basée sur  sa conviction qu'élever le niveau des économies des pays en voie de développement, et réaliser de leurs objectifs de développement, seraient bénéficiaire à tous,  élargirait les horizons, et renforcerait la fermeté du système commercial et économique mondial.

Le Fonds Koweïtien pour le Développement Economique et Arabe, offre, depuis sa création en 1961, des prêts et des donations pour le financement des projets de l'infrastructure, aux pays en voie de développement, et le total de ses donations et de ses prêts facilités, a dépassé, depuis lors, la somme de 12 milliards de dollars, dont les pays bénéficiaires atteignent plus de 100 pays. En appréciation au rôle des agences et des organisations internationales œuvrant dans le domaine humain, le gouvernement de l'Etat du Koweït, a décidé, au mois de décembre de l'an dernier, de spécifier 10% du montant de toute contribution offerte par le Koweït à tout pays sinistré, aux organisations et aux agences internationales spécialisées œuvrant sur le domaine.

En solution aux problèmes des situations économiques difficiles, dont se plaignent de nombreux pays en voie de développement, suite à la hausse des prix des produits alimentaires, et des prix de l'énergie, l'Etat du Koweït a créé un « fonds pour une vie décente » avec un capital de 100 millions de dollars, pour le développement et l’amélioration de la production agricole, dans les pays en voie de développement. De même, il a annoncé la donation du montant de 150 millions de dollars, au fonds, créé au cours du dernier sommet de l'OPEC, tenu au Royaume de l'Arabie Saoudite, dédié aux recherches et études dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et du changement climatique. L'Etat du Koweït continue dans son application d'une politique pétrolière équilibrée, qui  prend en considération les intérêts des  pays  consommateurs et des pays producteurs du pétrole, et conserve la stabilité des prix dans le marché mondial. Pourtant, ce qui incite l’inquiétude, c’est la hausse non justifié des prix, qui est due à des facteurs indépendants de la volonté des pays producteurs du pétrole, tels, entre autres, les spéculations, et la hausse des taxes sur les carburants,  auxquels s'ajoutent le manque de construction ou de rénovation des raffineries déjà existantes, ce qui affecte la crise économique, et la hausse des taux de l'inflation, dans les pays en voie du développement.

Dans ce contexte, nous exprimons notre inquiétude profonde de la crise financière que témoignent les marchés internationaux, et nous exprimons notre appréciation, pour les procédures et les démarches audacieuses prises par le gouvernement américain, pour le traitement de la crise de l'hypothèque, dans le but d’empêcher ses répercussions et ses effets négatifs, non seulement sur l'économie américaine, mais aussi sur les diverses économies des pays du monde.

Monsieur le Président,

La réalisation du développement durable, dans la région du Moyen Orient, dépend en majeure partie, de la capacité des pays de la région, et de la communauté internationale à faire face aux problèmes et aux défis sécuritaires, qui sont devenus  une source permanente de tension et de manque de stabilité.

Nous demandons, et continuons à demander, l'assistance de la communauté internationale, pour mettre fin aux origines de ces tensions et de ces manques de stabilité, dans le but de réaliser la paix. La volonté sincère et sérieuse de la réalisation d’une paix totale, juste, et permanente, doit être conforme et en accord avec les résolutions de la législation internationale pertinente, et avec le principe de la terre en contrepartie de la paix, et en conformité avec la carte de la route, établie par le Conseil de sécurité, dans sa résolution n° 1515, et avec l'initiative arabe pour la paix, ce qui aboutirait à l'obtention du peuple palestinien de l'intégrité de ses droits politiques légitimes, et à l’établissement de son Etat indépendant sur son territoire.

Nous renouvelons notre appui total à la République arabe de la Syrie pour la récupération de son territoire occupé, ainsi que notre appui à la République Libanaise, pour la continuité du dialogue entre les divers partis libanais, en application de l'accord de Doha, la capitale de Qatar.

Quant à l’Iraq, nous louons  le progrès remarquable noté dans sa lutte contre le terrorisme, et nous exprimons notre appréciation pour les efforts fournis par le gouvernement iraquien et ses démarches continues qui ont abouti à l'amélioration des conditions sécuritaires dans de nombreuses gouvernorats iraquiens, et nous  souhaitons  la continuité de ses efforts et de ses démarches pour  réaliser la réconciliation nationale totale afin de parvenir à une entente nationale totale dont le résultat serait la construction d'un Iraq démocratique libre, stable, et indépendant, qui vivrait en paix avec soi, et avec ses voisins, et qui respecterait ses responsabilités et ses obligations internationales.

De son côté l'Etat du Koweït ne ménagera aucun effort pour soutenir les initiatives régionales et internationales qui visent à aider l'Iraq à affronter les défis sécuritaires, politiques, et économiques, et à conserver sa sécurité, sa stabilité, son indépendance politique, le respect de sa souveraineté, l'intégrité de ses territoires, et la non-ingérence dans ses affaires intérieures.

Dans ce contexte aussi, l'Etat du Koweït espère la continuité des communications sur tous les niveaux entre l'Etat des Emirats Arabes Unis et la République Islamique d'Iran, afin de trouver une solution au conflit sur les îles occupées des Emirats, conformément aux principes et aux critères du droit international et des relations de bon voisinage.

Au même moment où l'Etat du Koweït soutient  le droit de tous les pays à produire, à développer et à utiliser l'énergie nucléaire pour des fins pacifiques, dans le cadre des dispositions du Traité de la non- prolifération des armes nucléaires, il invite  la République Islamique d’Iran  à  continuer à poursuivre sa coopération avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique pour apaiser les craintes et les doutes sur la nature de son programme nucléaire, et pour remédier à tous les problèmes demeurant en suspens.

Il invite également la Communauté Internationale à continuer à prodiguer ses efforts et à travailler pour trouver une solution pacifique qui ferait éviter à la région toute crise, tout conflit, ou toute guerre qui pourrait menacer  la sécurité et  la stabilité, et à faire face, sérieusement et sans discrimination, avec tout pays dans la région, qui n'a pas adhéré au Traité de non-prolifération des armes nucléaires, ce qui faciliterait la déclaration de la région du Moyen Orient comme une zone démunie de toutes sortes d’armes de destruction totale.

Monsieur le Président,

Les peuples du monde souhaitent jouir d’une vie libre et digne, dans un monde sécurisé et stable, où règnent  la justice et l’égalité, dans un environnement  dénué de conflits, de maladies et de catastrophes. Et il est de notre responsabilité commune, de jeter les fondations d’un nouveau partenariat, fondé sur des bases équilibrées et justes, où chaque parti assume ses responsabilités et ses obligations,  afin de réaliser les aspirations et les espoirs de nos peuples.

 Je vous remercie Monsieur le Président

 
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