Discours
  Allocution du Représentant de Son Altesse l’Emir du l’Etat du Koweït, Son Altesse le Premier Ministre lors de la Réunion de haut niveau "Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement "  
  20 septembre 2010  
     
 

Messieurs les Présidents,
J'ai l'honneur de commencer par vous transmettre les salutations de Son Altesse l'Emir du Koweït et ses souhaits sincères pour que les travaux de cette importante réunion rencontrent le succès et réalisent les résultats souhaités par les peuples du monde. Je suis également heureux de vous adresser au nom du Gouvernement et du peuple de l'Etat du Koweït nos félicitations pour votre présidence de la réunion de haut niveau chargée d'examiner les objectifs du Millénaire pour le développement. Nous sommes confiants que votre sagesse et votre bonne administration contribueront à la réalisation de ce que nous aspirons. Je voudrais de même adresser mes remerciements les plus sincères et mon appréciation au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, qui a présenté un rapport intégré sur les réalisations et les objectifs accomplis, ainsi que sur les objectifs aspirés cités au document important intitulé «Tenir la promesse: Examen futuriste visant à renforcer la mise en place d’un plan d'action convenu afin d’aboutir à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement d'ici l’an 2015", et les causes du délai dans la réalisation.

Messieurs les Présidents,
Dans l'historique Sommet du Millénaire tenu au début de ce siècle, les dirigeants et les chefs des gouvernements ont établi un calendrier et une feuille de route pour atteindre des objectifs nobles de développement pour les peuples du monde qui sont en grand besoin. Ce programme a servi de guide illuminant le chemin devant le travail sur la réalisation de ces objectifs. Cinq ans auparavant, les dirigeants du monde se sont réunis à nouveau lors de la première Conférence de révision, où l’optimisme régnait sur tout le monde vu que les indicateurs étaient encourageants et les statistiques qui illustrent l'ampleur de la solidarité des Etats, surtout les moins avancés et les plus vulnérables en Afrique subsaharienne et en Asie, ont répandue l'enthousiasme et la détermination à prodiguer plus d’efforts et à s’engager à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Cependant, notre présente réunion, qui est une importante occasion d'examiner les objectifs du Millénaire pour le développement, est dominée par des indicateurs qui ne sont pas encourageants, en particulier en ce qui concerne le premier objectif relatif à la réduction de moitié des taux de pauvreté et de faim dans le monde, ce qui constitue un véritable défi pour la communauté internationale pour combattre ce fléau étant donné que le nombre de pauvres a augmenté de 800 millions de personnes en 1990 pour atteindre plus d'un milliard de personnes en 2009 au lieu de s’abaisser.

Il est donc impératif de respecter les engagements précédents; il faut surtout que les pays développés respectent leurs engagements dans le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha, "le financement du développement" à allouer 0,7% de leur produit national brut à l'aide au développement.

Messieurs les Présidents,
Le monde a témoigné depuis notre dernière conférence en 2005, des immenses crises et défis représentés par l’augmentation des prix des produits alimentaires et la volatilité des prix de l'énergie suivis par une crise financière et économique oppressante qui a menacé le système économique mondial et la stabilité politique et sociale de certains pays et dont tous les pays sans exception ont subi les répercussions; cependant les pays plus touchés étaient les pays en développement et les pays les moins avancés, bien qu'ils n'étaient pas impliqués dans la survenue de cette crise ou les raisons qui y ont conduit.

Alors que nous bien accueillons les mesures et politiques adoptées par un certain nombre de groupes internationaux et régionaux pour remédier à cette crise et en atténuer les effets et empêcher la répétition, il reste beaucoup à faire pour la reprise économique mondiale et la réalisation d’un système commercial international juste et équilibré. Parmi les autres graves problèmes qui menacent notre monde et requiert un effort commun et unifié pour en faire face, on trouve le phénomène du changement climatique et son impact sur tous les aspects de la vie tels les activités économiques et commerciales et ses répercussions sur l'environnement, le système écologique et la diversité biologique. De même, le monde a commencé à témoigner au cours des dernières années, l'augmentation du nombre de catastrophes naturelles qui sont devenues, à causes des fluctuations climatiques, plus violentes et destructrices et causent des pertes immenses de vie, tels le tremblement de terre destructif de Haïti en janvier dernier et les inondations qui ont submergé le Pakistan le mois dernier. Nous espérons pouvoir, à la prochaine conférence qui se tiendra dans la ville de Cancun au Mexique en décembre prochain, parvenir à un document juridiquement obligatoire énonçant les mesures et les politiques nécessaires et les responsabilités assumées par les pays développés et les pays en développement pour réduire les répercussions du changement climatique et aider les pays en développement à s'adapter à ses conséquences et implications.

Bien que ces difficultés aient entravé les efforts déployés par de nombreux pays et affecté leur capacité à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, nous sommes d'accord avec le rapport du Secrétaire général que les Objectifs du Millénaire pour le développement sont encore réalisables dans les délais prévus si l'engagement, les politiques appropriées, les ressources et les efforts suffisants sont disponibles. Nous sommes convaincus que cette réunion est une importante occasion pour réaffirmer notre engagement et détermination à assumer nos responsabilités, à réaliser nos engagements et  à mobiliser nos énergies pour un monde meilleur où se réduit les différends, les divisions et les conflits alimentés par l'absence de la justice et de l'égalité, et où s'élargit les horizons de la coopération et de partenariat dans un atmosphère de sécurité et de paix.

Nous tenons à souligner à cet égard que l'Organisation des Nations Unies reste le mécanisme multilatéral le plus crédible, légitime et impartiale pour discuter des meilleurs moyens pour parvenir à des solutions communes et collectives aux défis et risques mondiaux.

Messieurs les Présidents,
L'Etat du Koweït croit que les Objectifs de développement que le monde aspire à réaliser d'ici l’an 2015 sont toujours possibles à achever, et qu’il y a des signes positifs à l'appui de cette croyance, comme l'amélioration des taux de scolarisation, de la santé des enfants et de la santé maternelle, l’élargissement de l’accès à l'eau potable, et le progrès dans la lutte contre les maladies graves tels que le VIH (SIDA), le paludisme et la tuberculose. Cependant, ces progrès et ces résultats positifs nécessitent de grands efforts pour les préserver et les renforcer, en particulier les défis auxquels fait face le monde, puisqu’une grande proportion de la population mondiale dans certaines régions souffrent toujours de la pauvreté, de la faim, des maladies graves et des taux élevés de chômage, d'analphabétisme et de vagabondage, en plus des effets négatifs des conflits armés et de l'occupation étrangère, pour ne pas mentionner le risque de prolifération des armes de destruction massive, y compris les armes nucléaires, le crime transfrontalière organisé, le trafic des drogues, la propagation du phénomène du terrorisme et des violations des droits de l'homme. Toutes ces difficultés constituent, ensemble, une menace réelle pour la paix et la sécurité internationales et entravent la réalisation des objectifs de développement durable.

Messieurs les Présidents,
L'Etat du Koweït fait tous ses efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et réaliser le bien-être de la population du Koweït. Les indicateurs du développement économique et social à l'Etat du Koweït ont dépassé les taux ciblés et ont occupé des rangs avancés aux deux niveaux, régional et international, selon les rapports, des organismes des Nations Unies s'occupant du développement humain. Actuellement, les efforts, ainsi que toutes les ressources sont rassemblés pour la mise en œuvre du plan national du développement pour les années 2010 - 2014, dont le coût est estimé à environ 115 milliards de dollars. C’est un plan ambitieux visant à promouvoir tous les secteurs de l'Etat, à développer les infrastructures, à élever le niveau des services de l'éducation et de la santé, ce qui fraiye le chemin au Koweït pour devenir un centre financier et commercial dans la région.

L'Etat du Koweït tient toujours à respecter son engagement à offrir des aides aux pays en développement. A cet égard, le Fonds koweïtien pour le développement économique poursuit ses efforts à soutenir et financer les projets de développement et les projets d'infrastructure dans plus de 100 pays par une somme totale de près de quinze milliards de dollars atteignant ainsi le double du taux déterminé internationalement du revenu national des Etats. L’Etat du Koweït renouvelle son engagement à continuer à fournir les aides de développement et l'aide financière aux pays nécessiteux afin de parvenir à la stabilité et au progrès de ces pays et afin d’optimiser leurs potentiels et leurs capacités pour répondre à leurs besoins de développement.

Messieurs les Présidents,
Nous sommes conscients de la grandeur de la responsabilité internationale et des difficultés et défis que rencontrent de nombreux pays ce qui entrave leur accès aux buts et objectifs du Millénaire pour le développement. Pourtant, nous sommes confiants que les objectifs peuvent être atteints si sont disponibles la volonté politique, la croyance en l'importance d'une action commune et collective, et le respect de nos décisions et de nos engagements. Travaillons tous pour le bon, la dignité et le bien-être de nos peuples guidés par les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies et dans le plein respect du droit international.

Merci messieurs les Présidents,

Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.

 
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