Discours
  Allocution du Représentant de S.A l'Emir de l'Etat du Koweït, S.A le Premier Ministre lors de la 65ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies  
  24 septembre 2010  
     
 

An nom de Dieu Tout Clément et Tout Miséricordieux
Monsieur le Président,
Leurs Majestés et Leurs Altesses 
Leurs Excellences,
Messieurs les Représentants permanents et les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

J'ai le plaisir de vous adresser mes sincères félicitations pour avoir été désigné président de la 65ème session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, alors que vous représentez votre pays ami, la Confédération suisse. Permettez-moi Monsieur le Président de m’adresser à vous, au nom du peuple koweitien, en utilisant l’une de vos langues officielles:

Monsieur le Président,
Nous sommes convaincus que, grâce à votre sagesse et votre expérience, ainsi que la renommée de Votre  pays ami, la Confédération Suisse avec laquelle nous entretenons des relations très solides, sur la scène internationale, nos délibérations seront couronnées de succès. 
Je ne peux que rendre hommage aux efforts dévoués de votre prédécesseur, Dr Ali Abdel Salam Al Teriki et lui exprimer nos remerciements et notre profonde gratitude pour son administration réussite et distinguée de la session précédente.

Je tiens également à exprimer notre grande fierté des efforts évidents de Son Excellence le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, entrepris dans le but d'atteindre les objectifs internationaux pour lesquelles nous recherchons tous à consolider les concepts de la coopération internationale et le respect de la légitimité internationale et à renforcer les principes de la Charte des Nations Unies.

Monsieur le Président, 

Nous allons célébrer prochainement le soixante-cinquième anniversaire de la création de l'Organisation des Nations Unies tout en espérant que cette dernière continuera à marquer les succès pendant de nombreuses années à venir, étant donné qu’elle est le meilleur mécanisme international multilatéral, et même le plus légitime, impartiale, et crédible qui a prouvé pendant six décennies, sa capacité à éviter des guerres sanglantes et maintenir la paix et la sécurité mondiales. Pourtant les défis et les menaces que rencontre la communauté internationale se multiplient au lieu de diminuer et deviennent de plus en plus compliqués et embrouillés ce qui rend le rôle des organisations plus complexe, immense, important et vital afin de pouvoir affronter les crises et les problèmes sociaux tels que l’élimination de la pauvreté et de la faim, la lutte contre la propagation des maladies, des épidémies, du fléau de la drogue et du crime organisé, et les violations des droits de l'homme, ainsi que d'autres problèmes économiques telles la hausse des prix des produits alimentaires et la crise financière et économique mondiale, en plus des défis de sécurité représentés par le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et les conflits armés en cours dans plusieurs régions du monde. Ces défis de toutes sortes ont contribué pendant ces deux dernières années, à la suppression de beaucoup de gains réalisés par de nombreux pays en développement et visant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

D’un autre côté, les catastrophes naturelles ont eu un impact dévastateur sur les économies de nombreux pays en développement et ont abouti à d'énormes pertes de vies et de biens. L'exemple le plus marquant est le tremblement de terre qui a frappé la République d'Haïti en Janvier passé et les inondations subies par la République islamique du Pakistan le mois dernier.

Il ne fait aucun doute qu'il y a beaucoup de travail à achever pour réduire le risque du changement climatique. L’opportunité est à nous de saisir à la conférence qui se tiendra dans la ville de Cancun au Mexique en décembre prochain. Nous espérons parvenir à un accord contraignant qui définit les objectifs à atteindre et leurs délais prévus, ainsi qu’il détermine les responsabilités des Etats membres et les mécanismes d'action commune pour garantir l'engagement des pays développés à financer et transmettre la technologie aux pays en développement pour les aider à s'adapter au changement climatique et adresser ses effets.

Monsieur le Président, 

Sans aucun doute, les défis mentionnés ci-dessus nécessitent des reformations et des améliorations continues vis-à-vis des organes des Nations Unies, ses institutions et ses programmes afin de convoyer les changements dans les relations internationales et d’améliorer leur performance.

Dans ce contexte, nous accueillons avec joie la décision de l'Assemblée générale, intitulée «la cohérence de l’ensemble du système" en vertu de laquelle une nouvelle entité a été établie afin de promouvoir les efforts internationaux pour imposer l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et la création d’un poste de grade de Sous-secrétaire général pour cet objectif.

D'autre part, nous voyons qu’après plus de dix-sept ans de discussions sur la réforme du Conseil de sécurité, le moment est venu de prendre les mesures nécessaires pour améliorer et développer le travail du Conseil de sécurité, d’ajouter plus de transparence à ses travaux et d’accroître le nombre de ses membres en conformité avec des normes et des règles qui réalisent le juste équilibre dans la représentation et l'efficacité dans l'exercice de ses fonctions et ses responsabilités d’une manière à assurer le droit des pays arabes et islamiques à la représentation proportionnelle à leur grandeur, leur contribution et leur rôle vis-à-vis de défendre les objectifs et les principes de la Charte.

Monsieur le Président,

En assurance de l'approche de l'Etat du Koweït consistant à soutenir les efforts et les activités de l'Organisation des Nations Unies dans les divers domaines, l’Etat du Koweït a continué à offrir de l’aide aux nécessiteux dans diverses régions du monde. Visant à consacrer les principes de la politique étrangère de l’Etat du Koweït, le Fonds koweïtien pour le développement continue depuis plus de cinq décennies, à fournir des aides et des subventions dont ont bénéficié jusqu'à présent plus de 100 pays dans le monde entier et des prêts qui ont atteint 14,5 milliards de dollars, soit 1,31% du PNB et deux fois le taux prévu au niveau international.

L'Etat du Koweït célèbre son jubilé d'or à l'occasion du cinquantième anniversaire de son indépendance. Pour mettre en œuvre la volonté de Son Altesse l'Emir de l’Etat du Koweït visant à transformer cet Etat en un centre financier et commercial, l’Etat du Koweït a approuvé un plan de développement pour les années 2010 - 2014 et lui a doté d'un budget de 115 milliards de dollars pour le développement des infrastructures, la construction de ports et des chemins de fer, la création de nouvelles villes, et la poursuite des efforts visant à améliorer le niveau des services de base fournis aux citoyens et aux résidents. A cet égard, l'Etat du Koweït est fier d’être toujours aux premiers rangs sur le niveau arabe et international en termes de la qualité de l'éducation et de la qualité de vie, des soins de santé, de l'égalité des sexes, de la situation économique et des libertés politiques, selon les classements publiés par des organisations et des institutions internationales spécialisées et par d’autres organisations non gouvernementales.

Monsieur le Président, 

Vingt ans ont passé depuis l'invasion du Koweït et son occupation par l’Irak. C’est un souvenir douloureux que nous et nos frères en Irak sommes déterminés à surmonter à travers l'établissement des règles des relations stables fondées sur les principes du respect mutuel de la souveraineté, de l'indépendance, du bon voisinage, de la non-ingérence dans les affaires intérieures, de la résolution de tous les différends par des moyens pacifiques, du respect de toutes les résolutions internationales, et de la mise en œuvre des obligations relatives restantes prévues par les résolutions du Conseil de sécurité. l'Etat du Koweït est optimiste vis-à-vis de l'avenir des relations entre les deux pays et est prêt à continuer à fournir toutes les formes de soutien pour aider le gouvernement irakien dans ses efforts pour imposer la sécurité et la stabilité et préserver la souveraineté de l'Irak et l'intégrité territoriale,  et reconstruire les différents secteurs de l'Etat qui ont souffert des  aventures de l'ancien régime et ses politiques d'agression et d'expansion.

A cet égard, nous espérons que les consultations en cours entre les différents partis et forces politiques en Irak visant à former un gouvernement d'unité nationale seront en mesure de faire face aux défis sécuritaire, politique et économique et de répondre aux besoins et aspirations du peuple irakien quant à la construction d’un Irak démocratique libre et unifié, qui vit en paix avec lui-même et avec ses voisins et qui contribue à consolider la sécurité et la stabilité dans la région.

Monsieur le Président, 

Etant l'actuel président du Conseil de coopération du Golfe, l'Etat du Koweït espère que les communications se poursuivent sur tous les niveaux entre les Emirats arabes unis et la République islamique d’Iran afin de trouver une solution au conflit sur les îles des Emirats Arabes Unis en conformité avec les principes et les règles du droit international et les relations du bon voisinage de manière à convenir avec les résolutions émises par les sommets du CCG et les réunions ministérielles.

Soulignant le droit des Etats à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, l'Etat du Koweït appelle tous les pays ayant des plans similaires à coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et à prendre les mesures nécessaires afin de construire la confiance capable de rassurer la communauté internationale sur la nature de ces programmes, conformément aux résolutions de la légitimité internationale. Nous réaffirmons la nécessité de résoudre ces problèmes pacifiquement et par les voies diplomatiques à travers des négociations directes entre les parties concernées, en frayant le chemin à un accord visant à établir une zone exempte d'armes nucléaires au Moyen-Orient, exécutant ainsi la résolution de la conférence de révision du Traité de Non-Prolifération Nucléaire tenue au Siège de l'ONU en mai dernier.

Monsieur le Président, 

Le conflit israélo-arabe est la menace la plus sérieuse pour la sécurité et la paix au Moyen-Orient. L'échec de l'Organisation des Nations Unies au cours des six dernières années à trouver une solution à cette question centrale, a contribué à la complication de la cause palestinienne et à pousser Israël, la Puissance occupante, à persister à ne pas respecter la légitimité internationale en insistant à poursuivre la politique de colonisation, à imposer un blocus sur Gaza et à faire disparaitre les traits  de Jérusalem pour judaïser la ville. Au lieu de recevoir l'initiative arabe de paix comme une option stratégique et en tant que le noyau du processus de paix au Moyen-Orient, Israël a continué à confisquer des terres et a poursuivi les politiques de harcèlement et d'arrestations contre les Palestiniens désarmés. Il a pris pour excuse les roquettes tirées contre Israël pour déclarer des guerres cruelles. Il a continué à avoir recours à l'usage excessif et injustifié de la force, en plus de son assaut contre la flottille turque de la liberté dans les eaux internationales. Israël est convaincu qu’il peut échapper à la punition puisqu'il commet les crimes d’une manière continue et organisée sans être arrêté par la communauté internationale. Nous confirmons donc que la communauté internationale et le Conseil de sécurité sont responsables de maintenir la paix et la sécurité et de faire face à Israël d’une manière sérieuse et ferme et de l’obliger à se plier à la volonté internationale.

Nous espérons que les négociations directes qui ont commencé au début de ce mois entre l'Autorité palestinienne et Israël aboutiront à aider le peuple palestinien à recouvrer ses droits légitimes, à parvenir à une paix juste et globale au Moyen-Orient et à créer l’Etat palestinien avec Jérusalem en tant que capitale, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, au principe de la terre contre la paix, à la feuille de route et à l'initiative arabe de paix.

Nous renouvelons également notre plein soutien à la République arabe syrienne afin qu’elle restaure ses territoires occupés au Golan et qu’elle revienne à la quatrième ligne de Juin 1967. Nous insistons sur la nécessité d’appliquer la résolution 1701 et de faire cesser les violations israéliennes répétées de l'espace aérien libanais et de la Ligne bleue, ainsi que sur la nécessité du retrait d'Israël de tous les territoires libanais occupés.

Monsieur le Président,


Vivre dans un environnement propre, sûr et stable est la chose qu’aspirent tous les peuples du monde. Nous avons pu, tout au long des dernières décennies et sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, parvenir à un grand nombre de conventions et de traités internationaux pour assurer une vie décente à nos peuples dans un monde où règnent la justice et l'égalité. De là, nous devons assumer nos responsabilités et nos engagements à nos obligations visant à réaliser les espoirs et les aspirations des peuples du monde tout entier.

Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous.

 
  Imprimer cette page