Discours
  Discours du représentant de Son Altesse l'Emir, Son Altesse le Premier Ministre devant la 66ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies  
  22 septembre 2011  
     
 

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux; que la paix et les bénédictions soient sur notre prophète Mohammed, sa famille et ses compagnons,

Monsieur le Président,
Vos Majestés et Altesses,
Vos Excellences,
Vos Excellences les Représentants permanents et les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient sur Vous,

Il me fait grand plaisir de vous exprimer personnellement, au nom du Gouvernement et du peuple de l'Etat du Koweït, mes plus sincères félicitations pour votre élection unanime à la présidence de la soixante-sixième session de l'Assemblée générale des Nations unies, ce qui représente la reconnaissance et l'appréciation de la position éminente que l'Etat du Qatar détient, et avec lequel mon pays le Koweït entretient une relation étroite et privilégiée. Je suis persuadé que vous allez diriger les travaux de cette session d’une manière à y assurer le succès désiré.

Nous tenons également à saluer les efforts de votre prédécesseur, M. Joseph Deiss (Suisse) pour sa présidence exceptionnelle et sa gestion réussie de la session précédente.

Nous tenons de même à féliciter S.E M. Ban Ki-moon pour sa réélection en tant que Secrétaire général des Nations unies, et nous lui souhaitons tout le succès possible.

Nous avons été heureux de l'adhésion de l'Etat du Sud-Soudan aux Nations unies, cet Etat qui a reconnu l’Etat du Koweït depuis le premier jour de son indépendance. Nous sommes certains que son gouvernement, et son peuple qui est fier de ses liens avec nous, parviendront à réaliser la sécurité, la stabilité et le développement économique de leur pays.

Monsieur le Président,

L'importance de notre organisation a sans doute augmenté au fil du temps, étant donné que la scène internationale a témoigné, au cours des six dernières décennies, de nombreux événements et évolutions qui ont eu un impact direct sur la paix et la sécurité internationales. Les Nations unies, étant donné qu’elles constituent le mécanisme international multilatéral le plus légitime, crédible et indépendant, ont été en mesure d'agir en tant qu’un refuge pour les pays membres, tout en cherchant des solutions collectives et unifiées pour affronter les innombrables problèmes et crises, vu la conviction qu’un Etat seul, en dépit de ses capacités et de ses puissances, est incapable de confronter les menaces du terrorisme, de la prolifération des armes de destruction massive, du phénomène du changement climatique, des épidémies, du crime organisé et d'autres défis, puisque les frontières géographiques et nationales ne constituent plus une barrière contre leur propagation et leurs répercussions. En fait, le rôle des Nations unies au cours des dernières années a augmenté en particulier en ce qui concerne la confrontation des catastrophes humaines, qu’elles soient naturelles ou causées par l’homme. Peut-être le plus récent exemple est la famine qui a frappé la Corne de l'Afrique à cause de la sécheresse et de la violence, et où les Nations unies ont mobilisés des aides humanitaires et les ont distribuées aux démunis, ce qui a contribué à alléger leurs souffrances et à sauver des millions de vies.

Cette importance croissante des Nations unies dans le monde d'aujourd'hui exige l'amélioration de son efficacité et le renforcement de sa performance ce qui nécessite la prise des mesures et des procédures visant à réformer ses organes principaux, tels que l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social, et à développer ses mécanismes pour lui permettre d'exercer ses fonctions et ses responsabilités avec compétence et efficacité. Par conséquent, la responsabilité de soutenir l'ONU et de s'engager à exécuter ses résolutions et à lui fournir les ressources financières nécessaires à temps et sans conditions, tombe sur les épaules de tous les pays membres, puisqu’en fin de compte, la force de l'ONU reflète, dans l'ampleur, le support que les pays membres assurent à ses nobles objectifs.

Monsieur le Président,

Les événements et les développements que témoigne actuellement le Moyen-Orient sont la source d’une profonde inquiétude et menace d'aboutir à plus de détérioration au niveau de la sécurité et de la stabilité de la région. Le recours à la force et à la violence qui ont coûté la vie à des milliers de victimes innocentes doivent cesser. Il faut répondre aux demandes légitimes des peuples et exécuter des réformes politiques, économiques et sociales, sérieuses et rapides. A cet égard, l'Etat du Koweït soutient tous les efforts appelant au dialogue, à l’entente et à la non-violence.

L'Etat du Koweït s’engage à renforcer et à développer ses relations avec ses voisins sur des bases fixes et solides fondées sur le respect mutuel et les intérêts communs. Dans ce contexte, l'Etat du Koweït demande à la République islamique d'Iran de prendre des mesures sérieuses et effective visant à bâtir une confiance qui se matérialise par le respect des décisions de la légitimité internationale, par la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le but de dissiper les craintes et les soupçons sur ses programmes nucléaires, et par la coopération positive quant à la résolution du conflit sur ??les îles occupées des Emirats arabes unis en conformité avec les principes et les règles du droit international.

Monsieur le Président,

L’Etat du Koweït a célébré cette année le cinquantième anniversaire de son indépendance et le vingtième anniversaire de sa libération de l'occupation irakienne. Cette libération a été vraiment considérée comme l'un des succès les plus remarquables des Nations unies dans sa quête pour mettre fin à l'agression et éliminer ses impacts en conformité avec les principes de la Charte et les résolutions de la légitimité internationale.

L’Etat du Koweït va aussi célébrer en Novembre prochain le cinquantième anniversaire de la promulgation de sa Constitution qui a codifié la démocratie, trait essentiel de l’Etat du Koweït depuis sa fondation. La constitution est considérée comme l'une des réalisations les plus importantes de l’Etat du Koweït, favorisant la paix, les principes et les objectifs de la Charte et du droit international, et basée dans ses relations avec les autres pays sur les principes du respect de la souveraineté et de l'indépendance, de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, et du règlement de tous les différends par des moyens pacifiques.

L'Etat du Koweït s’engage à surmonter ses douloureuses souvenirs à travers l’établissement des relations étroites basées sur la coopération, le respect mutuel et le bon voisinage avec la République d’Irak, à laquelle nous souhaitons la stabilité et le développement, et davantage progrès dans ses efforts visant à imposer la sécurité et à reconstruire son économie détruite par les politiques d'agression et d'expansion de l'ancien régime. Nous renouvelons ici notre engagement à fournir toutes les formes de soutien pour aider l'Irak à exécuter le reste de ses engagements internationaux énoncés par les résolutions du Conseil de sécurité, ce qui permettra à l'Irak de récupérer son rôle international et régional.

Monsieur le Président,

Cela fait plus de six décennies que les Nations unies se trouvent incapables de trouver une solution à la question palestinienne et de mettre fin à l'occupation israélienne des territoires arabes, et pourtant la souffrance du peuple palestinien a exacerbé au fil des ans, sa situation économique et sociale s’est aggravée, les colonies sont en expansion, la confiscation des terres continue, l'eau est violée, les régions palestiniennes sont assiégées et les gens sont exposés aux arrestations arbitraires. Ce qui est le plus inquiétant c’est que la communauté internationale reste immobile devant ces pratiques et politiques israéliennes sans essayer de les arrêter en dépit de leur violation flagrante des principes les plus élémentaires du droit international et des résolutions de la légitimité internationale, sapant de la sorte les chances de parvenir à la paix.
Peut-être les pratiques inhumaines perpétrées par Israël contre nos frères à Gaza tels le siège injustifié et la destruction délibérée des infrastructures, malgré la condamnation internationale continue, sont des exemples clairs du mépris d'Israël de ses responsabilités et de l'opinion publique internationale.

La communauté internationale est demandée de poursuivre ses efforts et d’exercer la pression sur Israël pour permettre au peuple palestinien d'obtenir son droit à l'autodétermination et à établir son Etat indépendant sur son territoire, avec Jérusalem-Est en tant que capitale. La communauté internationale est demandée aussi de mettre fin à l'occupation israélienne de tous les territoires arabes occupés le 4 Juin 1967, y compris le Golan syrien, et de faire cesser les violations de la souveraineté du Liban, en plus de la retraite de tous ses territoires occupés.

Nous renouvelons là notre engagement et notre soutien total à la demande de l'Autorité palestinienne et à ses efforts pour obtenir une adhésion à part entière à l'Organisation des Nations unies en tant qu’un Etat indépendant et pleinement souverain.

Monsieur le Président,

L'Etat du Koweït se félicite des rapports internationaux émis par les Nations unies et ses agences sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, adoptés par le Sommet mondial de l'année 2005. Nous devrions tous être fiers des réalisations achevées quant à la réduction du nombre de personnes infectées par le virus VIH (SIDA) et des médicaments fournis à un grand nombre de personnes infectées par cette maladie et par autres maladies infectieuses comme le paludisme et la tuberculose.

Toutefois, et en dépit de ces réalisations, il reste encore beaucoup à faire. Les réalisations ne sont pas équilibrées et sont disproportionnées entre un pays et un autre. De nombreux indices confirment l'incapacité de certains pays d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d'ici l'an 2015, et ce pour diverses raisons dont la plus évidente est la crise économique et financière mondiale dont les répercussions ont touché la plupart des pays, qu’ils soient grands ou petits, riches ou pauvres. Pourtant les pays en développement et les pays les moins avancés ont le plus souffert à cause de leurs économies faibles et fragiles. Leur croissance économique s’est donc ralentie, le volume de leurs exportations a baissé, le taux de chômage a augmenté et les prix des denrées alimentaires et des produits de base ont augmenté ce qui a exacerbé les impacts de la crise, économiquement et socialement. A peine le monde a commencé de se remettre de cette crise que les signes d'une nouvelle crise surgissent menaçant la croissance économique mondiale de nouveau, représentée cette fois par le problème de la dette publique des Etats-Unis et de certains pays européens.

La communauté internationale est demandée de procéder à la restructuration des institutions financières internationales pour assurer leur conformité avec la situation internationale actuelle et améliorer leur capacité d’exercer leurs fonctions efficacement en les rendant plus représentatives et équitables vis-à-vis des pays ayant besoin de soutien.

Le monde a aujourd'hui un besoin urgent d'un système commercial mondial juste et équitable pour combler l'énorme décalage existant entre les pays, afin de réaliser des profits mutuels et de contribuer à intégrer l'économie des pays pauvres dans le système économique mondial. Les pays développés doivent remplir leurs engagements et accroître leurs aides officielles au développement pour atteindre le pourcentage de 0,7% décidé internationalement.

Dans ce contexte, l'Etat du Koweït n'a épargné aucun effort pour fournir les aides d'urgence aux pays touchés par des catastrophes naturelles et répondre aux appels des Nations unies et de ses agences pour alléger les souffrances des peuples de ces pays. Et à partir de sa croyance en l'importance du rôle de l'Organisation des Nations unies dans le domaine de l'action humanitaire, l'Etat du Koweït a augmenté ses contributions volontaires aux organisations et agences internationales spécialisées tels le haut Commissaire pour les réfugiés, le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge.

Bien que le Koweït est un pays en développement, mais depuis son indépendance en 1961, il s’est établi une approche et une politique fixes ayant pour but de soutenir les pays en développement et les pays les moins avancés à travers la fourniture d'aides et d'assistances humanitaires et de développement dont plus de 100 pays de différentes régions ont bénéficiées et dont la valeur a dépassé 15 milliards de dollars.

Son Altesse l'Emir du Koweït a pris plusieurs initiatives dont on cite: l'initiative d'une vie décente, l'initiative pour soutenir et encourager les petits et les moyens projets, et l'initiative de la construction de l'Est du Soudan, et ce afin de soulager les souffrances de plusieurs pays affectés par les prix élevés des denrées alimentaires et d'énergie et des pays dont les économies ont été affectées par la crise financière mondiale et dont les taux de chômage et le niveau de pauvreté ont augmenté. Plusieurs pays ont considérablement bénéficié de ces initiatives.

Monsieur le Président,

A travers les plusieurs conférences qu’elle a organisées, les conventions et les traités internationaux qu’elle a conclus, les résolutions et les déclarations qu’elle a adoptées, l'Organisation des Nations unies a pu unifier nos visions, orienter nos efforts et mobiliser nos énergies et nos capacités afin de renforcer l'action commune visant à lutter contre la corruption, à renforcer la primauté du droit et la bonne gouvernance, à respecter les droits de l'homme, et à renforcer le rôle et l'autonomisation de la femme dans la société. Nous aspirons encore à un rôle international plus efficace dans le cadre de l’initiative de l'Alliance des civilisations afin d’intensifier le dialogue entre les différentes civilisations, religions et cultures, dans le but de répandre les valeurs de la tolérance, de la modération, du respect mutuel et du rejet de la violence et de l'extrémisme qui minent et réduisent nos chances de travailler ensemble pour promouvoir la culture de la paix et la réalisation des nobles principes et objectifs consacrés dans la Charte de notre Organisation.

Merci Monsieur le Président.

 
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