Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammed Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah pendant la cérémonie organisée à l'ambassade du Canada à l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie  
  19 mars 2013  
     
 

Monsieur l’Ambassadeur du Canada,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir de partager de nouveau avec vous les célébrations de la Journée internationale de la Francophonie, pour souligner l'importance de cette dernière au service du dialogue et de la diversité culturelle dans un monde globalisé. Je remercie beaucoup, les ambassadeurs du Sénégal, du Canada, de la France, de la Suisse et de la Belgique, pour avoir contribué à l'organisation de cette soirée, distinguée par la présence des bons amis.

Mesdames et Messieurs,

Si la langue en général renferme l’histoire et les expériences des nations, la francophonie aujourd'hui ne renferme pas seulement les expériences de la nation française, mais s'étend pour couvrir des nations dans les continents européen, américain, africain et asiatique. De là, la langue française n’est plus la propriété privée des français ou leur moyen d’exprimer leur production culturelle. Il y a environ 13 pays qui utilisent la langue française en tant que leur seule langue officielle, en plus d’environ 16 autres pays qui utilisent la langue française en tant que langue officielle à côté de leur langue officielle natale. Les peuples de tous ces pays peuvent utiliser la langue française pour exprimer leurs idées, leurs perceptions et leurs valeurs. De là, l'idée de la francophonie est née hors de la France. Elle a été conçue par un groupe de dirigeants africains qui ont estimé qu’ils partagent tous cette langue. La chaîne de télévision francophone TV5 est venue confirmer cette diversité étatique, puisque les cinq pays organisant cette célébration (le Sénégal, le Canada, la France, la Suisse et la Belgique) sont eux-mêmes ceux qui fournissent à cette chaîne des programmes produits dans leurs propres pays et issus de leurs diverses cultures.

Cependant, la Francophonie que je connais, et comme veulent ses fondateurs, n'est pas seulement une association linguistique commune. C’est un ensemble de valeurs universelles et contemporaines, présentes dans les esprits des générateurs de la pensée, des opinions et des législations dans la communauté internationale. C’est en français que l’intellectuel suisse Jean-Jacques Rousseau a écrit son live "Contrat social"; c’est en français qu’étaient exprimées les idées de la Révolution française; et c’est en français que Napoléon a rédigé son célèbre droit civil. C’est aussi en français que le belge Comte Maurice Maeterlinck a écrit ses œuvres littéraires, que la canadienne Gabrielle Roy a écrit ses contes, et que Léopold Senghor s’est exprimé dans ses plus belles œuvres poétiques. La francophonie ne veut plus dire parler en français, mais c’est plutôt l'échange des idées et des valeurs que cette langue représente; c’est la coopération qui vise à la progression. De même, la présence de cette francophonie sous l’ombre de la mondialisation, exprime l'insistance sur le multiculturalisme et le multilinguisme, parce que la dominance d'une langue dans la communauté internationale aboutira à l'affaiblissement des autres langues, et à la privatisation de l’humanité de son patrimoine linguistique riche et de sa diversité culturelle.

Mesdames et Messieurs,

Le Koweït est considéré comme un centre culturel, vital et actif dans cette région, grâce à son peuple qui a vécu anciennement sur les côtes et a établi, à travers ses ports, des relations commerciales en Afrique et en Asie, acquérant ainsi la passion de s'ouvrir aux autres, à leurs langues, à leurs cultures et à leurs idées. C’est pourquoi, on peut trouver parmi nos pères et nos grands-pères ceux qui parlent les langues indienne, malaise et afro-orientale. Nous sommes heureux au Koweït, de tendre la main à la Francophonie pour en savoir davantage sur son sujet, pour échanger les idées et les valeurs constructives, et pour découvrir une nouvelle production intellectuelle et culturelle, surtout que nous n’oublierons jamais la position honorable de vos pays lors de notre épreuve pendant l’occupation de mon pays, et votre précieuse contribution à la libération de notre cher Koweït.

Veuillez accepter, Mesdames et Messieurs, mes sincères salutations…
Merci…

 
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