Discours
  ALLOCUTION DE S.A.SHEIKH NASSER MOHAMMED AL AHMED A.J. AL-SABAH A L’UNIVERSITE DE BOLOGNE A L’OCCASION DE LA RECEPTION DE S.A. DE LA MEDAILLE D’OR « SIGILLUM MAGNUM »  
  23 Mai 2014  
     
 

Monsieur le Professeur Ivano Dionigi, Recteur de l’Université de Bologne,
Mesdames et Messieurs,

Des pays de l’ancien Orient, et des pays de la Presqu’île Arabique présente depuis la nuit des temps, je vous transmets les compliments et l’expression des meilleurs sentiments d’entente, de compréhension et d’amitié, ressentis et vécus entre l’Orient et l’Occident, les compliments à travers lesquels, nous revivons l’histoire ancienne, les vieux temps qui ont uni nos Ancêtres, dans le cadre des civilisations: la Dilmoune, la Babylonienne,  l’Egypte ancienne, la Phénicienne, la Grecque et la Romaine.

Aujourd’hui, en me tenant là, dans l’enceinte de l’Université de Bologne, je fais appel à mille ans de la mémoire humaine, pour revivre un moment historique, le «Moment» où a été annoncée la création de cette honorable université, en cours d’une période que Pétrarque avait qualifiée d’«âge des ténèbres» et, où cette annonce de la création de cette université s’est avérée être la première étincelle de lumière de ces siècles, les premiers pas vers l’ère de la Renaissance. Et là, j’adresse mes remerciements infinis au Professeur «Ivano Dionigi» et au Corps Académique, pour la Médaille «Sigillum Magnum» qui m’a été décernée, comme  je suis honoré par le fait que S.A. Sheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, l’Emir du Koweït, ait béni cette attribution.

 Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis d’être parmi vous en ce jour, dans cet honorable et éminent monument scientifique en Italie, pour exprimer ouvertement notre profonde appréciation pour l’industrie du savoir, l’entretien de la créativité culturelle, et l’attachement aux valeurs de la science et de la connaissance, et, ce sont là, les trois éléments qui ont promu le genre humain, instauré ses civilités et forgé sa civilisation, et qui ont abouti en ce temps présent, aux courants des pensées modernes, et contribué à la mise en place des ponts de communication et de dialogue, entre les nations et les individus qui renforcent le processus de la paix mondiale, et lancent les bases de bonnes relations de connaissance, de rapprochement et de cordialité entre les peuples du monde.

Mesdames et Messieurs,
Le savoir contemporain avec ses systèmes et ses méthodes, dans son entité, est la résultante d’une accumulation des connaissances dont les racines s’étendent jusqu’à la nuit des temps, des participations des nations et des peuples de cette terre, et, de ce fait, il appartient à l’être humain, là où il se trouve. Il n’appartient pas à une nationalité précise, à une ethnie, ou à une religion. L’homme a contribué à sa construction, génération après génération, à commencer par les scientifiques de Dilmoune, de Sumer, de Babylone, de Munaf, de Thèbes, d’Athènes, de Sparte, de la Phénicie, d’Alexandrie, d’Antioche, de Rome et de Carthage… Le savoir  n’a jamais appartenu à une race, à un genre, à une nation ou à une couleur; il a toujours penché pour ceux qui l’entretiennent, qui  lui assurent un environnement d’épanouissement et de développement, et qui le financent généreusement, et c’est pour ces raisons, qu’il s’est transmis de nation à nation, d’une zone géographique à une autre. Ainsi le savoir a trouvé en ce pays éminent un berceau et une patrie jusqu’à ce jour. Votre terre, ici, a connu et vécu la prospérité de la civilisation Romaine, la civilisation qui a répandu ses valeurs, son savoir et ses sciences à travers le monde, et l’Europe a continué pendant des siècles à s’en nourrir, tout au long du Moyen-âge et de l’Epoque féodale. Il était évident que ce milieu soit le terrain fertile pour la première semence de la Renaissance Moderne, pour le déclenchement de la première lumière du Siècle des Lumières, à commencer par Dante Alighieri, en passant par Pétrarque, Marcellus        
Fettuchino, Castiglione et Machiavel, et les grands peintres célèbres tels que Giotto di Bondonne,  Masaccio,  Pietro della Francesca, Dominic Guerlandayo, Perugino, Michel-Ange, Raphaël, Botticelli, Leonardo De Vinci, le Titien, et les grands Architectes de l’histoire, tels Brunelleschi, Leoni Alberti et Andrea Palladio, Bramante, dont les œuvres sont présentes dans la Cathédrale de Florence et dans la Cathédrale de Saint-Pierre à Rome et à Tempio Malatestiano à Rimini. Et, si la révolution de la connaissance moderne en Europe s’est déclenchée avec la théorie de Copernic concernant le centre de la terre, l’histoire n’oublie jamais le souvenir de Galileo Galilei  à l’avant du cortège des immortels,  et qui a payé sa vie pour soutenir et défendre sa théorie fondée sur des bases physiques.

Mesdames et Messieurs,
La mise en place d’une université signifie apprendre à penser, à réfléchir, et, comme l’énonce Confucius, «pour acquérir le savoir, l’homme doit commencer par apprendre à penser», et, le diplôme universitaire ne veut pas dire que celui qui l’a obtenu possède déjà le savoir, mais voudrait dire par contre qu’il est devenu capable d’accéder au savoir, et sans doute, l’Université de Bologne a l’honneur d’être la pionnière dans l’industrie du savoir dans l’Europe Moderne. Elle ne se limite pas à être l’université la plus ancienne d’Italie; elle est l’université la plus ancienne de l’Europe, l’une des plus éminentes, comme elle est la première université du monde qui a décerné le degré scientifique de Doctorat en l’an 1219. Le fait d’être admis dans son enceinte, place la personne concernée dans le rang des élèves qui sont devenus les grands maîtres de l’histoire, comme Dante Alighieri et Francisco Pétrarque ; à savoir aussi que ses amphithéâtres scientifiques ont offert au monde des grands hommes, des penseurs, des scientifiques, et des culturels qui ont joué un rôle impressionnant dans l’enrichissement de la connaissance humaine, dans le développement des théories scientifiques et de la créativité dans le domaine de la culture et des arts.  

Mesdames et Messieurs,

Tout en appréciant le rôle de l’Université de Bologne dans l’enrichissement du Savoir et de la connaissance humaine, j’exprime ma profonde reconnaissance pour la médaille: le Sigillum Magnum qu’on me décerne; cette médaille qui a été décernée à des chefs politiques, à des religieux, et à des scientifiques qui ont joué des rôles notables dans le champ du savoir, de la science et de la paix mondiale. Et je suis très fier d’être placé parmi les membres de ce remarquable escadron des grands hommes du siècle. Ainsi, je me sens chargé d’une responsabilité plus grande, d’un rôle plus ample dans le cadre du service du savoir, de la science et de la paix mondiale, que ce soit à Koweït, dans la région du Golfe, dans le monde arabe, ou dans le reste du monde.

Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de saisir cette opportunité pour vous montrer l’intérêt que voue l’Etat du Koweït à l’enseignement et au soutien de la recherche scientifique. Malgré la population peu nombreuse dans notre pays, il y a 15 universités et collèges, et quelques unes d’entre elles sont rattachées à de grandes universités occidentales. Les sommes consacrées à l’enseignement et à la recherche scientifique au Koweït s’élèvent à un pourcentage d’environ 12% des dépenses  générales du budget de l’Etat, tout en notant que ce pourcentage n’inclut pas les dépenses du secteur privé qui assure le financement de plus de 150 établissements éducationnels des différentes étapes. Malgré ce qui précède, nous considérons que ce pourcentage reste insuffisant et cherchons à l’augmenter, dans le but de promouvoir notre processus éducationnel et de recherches, comme nous oeuvrons à renforcer les liens entre nos universités avec les grandes et célèbres universités du monde, comme la vôtre,  pour pouvoir bénéficier de leurs expériences dans la formation du savoir et de la recherche scientifique, ce qui profiterait à nos universités et leur assurerait un bon développement et une conséquente promotion de leur niveau scientifique et éducationnel. Je souhaite que cet effort aboutisse à des fins positives, et concrétise ses résultats chez nos concitoyens les jeunes koweitiens dans les années à venir.
Mesdames et Messieurs,
Pour finir ce petit mot,  j’aimerai renouveler l’expression de mes remerciements infinis à votre notable université, au corps académique et au doyen de l’université le Professeur Ivano Dionigi pour m’avoir décerné cette honorable médaille, tout en affirmant mon entière fierté pour cet honneur, qui reflète la profondeur des liens d’amitié établis entre nos deux peuples, avec le souci réciproque de veiller à soutenir et à consolider les ponts de communication, d’approche et de dialogue.

Meilleurs compliments à vous tous joints à mes vœux de succès et de réussite.
 
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