Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammed Al-Ahmed Al-Sabah lors du banquet de déjeuner tenu en l’honneur de Son Excellence l’Ambassadeur de la Confédération suisse, M. Etienne Thévoz, à l’occasion de la fin de son mandat  
  13 Octobre 2015  
     
 

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Que la prière et le salut de Dieu soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille, et tous ses Compagnons,

Son Excellence M. et Mme Etienne Thévoz,
Leurs Excellences les Ambassadeurs et les Membres du Corps diplomatique,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Aussi heureux que je sois de vous rencontrer aujourd’hui, ça me pèse de voir partir Son excellence M. Etienne Thévoz, Ambassadeur de la Confédération suisse, qui a passé au Koweït près de quatre ans, durant lesquels il a représenté de la meilleure manière son pays, son peuple et son gouvernement. La Suisse occupe une place distinguée dans mon expérience personnelle. J’y suis vécu et j’y ai fait mes études universitaires, ce qui a contribué à la formation de ma connaissance, de ma culture et de ma vision de la vie. La Suisse pour moi n’est pas seulement le pays de la beauté, de la belle nature et de la prospérité. Mais c’est plutôt la confédération enracinée, le pays de la démocratie, le pays de la liberté, le pays de la justice, et le pays de la loi, - qui sont des valeurs enracinées dans la société suisse depuis des siècles- en plus d’être le pays neutre du monde. Car, bien que la Suisse est située au cœur du continent européen, et malgré sa diversité religieuse et linguistique, elle a maintenu sa neutralité depuis le treizième siècle et a évité d'être impliquée dans les guerres, ce qui en a fait le berceau de la Croix-Rouge, le siège d’un grand nombre d'organisations internationales, le deuxième plus grand bureau de l'Organisation des Nations Unies, et l’une des forteresses de la justice dans le monde. Là, je me rappelle de mon feu collègue et ami, Jassim Mohammed Abdulmohsen Al-Kharafi, Président de l'Assemblée nationale de 1999 jusqu’au 2012, qui me disait à chaque fois que je me rendais en Suisse, "Ne jouissez pas seulement de la beauté de la nature en Suisse, mais profitez-en pour jouir du régime démocratique juste et du peuple raffiné et authentique". Que j’aurais souhaité qu’il soit  avec nous aujourd'hui, mais j’ai invité ses fils, M. Louay Jassem Al-Kharafi, et M. Talal Jassem Al-Kharafi, pour honorer la mémoire de leur cher père.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les relations suisses-koweïtiennes sont considérées comme un modèle réussi de relations diplomatiques, qui ont atteint récemment leur niveau le plus étroit. La coopération aux niveaux  économique, commercial, culturel, militaire et financier a atteint de bons niveaux. Le volume des investissements koweïtiens en Suisse a dépassé les huit milliards et demi de dollars. Une relation académique entre l'Université de Genève et l'Université du Koweït a été établie récemment à travers un accord de coopération pour des buts d’échange éducatif et académique. Dans tous les cas, nous les koweïtiens ne pouvons pas oublier la position historique de la Suisse pendant l’invasion de Saddam Hussein, et jusqu'à la libération du pays. La Suisse a accueilli les koweïtiens, qui étaient en Suisse à ce temps là, et leur a ouvert toutes les portes, y compris les écoles, jusqu'à la libération du pays. La Suisse a également soutenu la position légitime du Koweït devant l'Organisation des Nations Unies et les organisations internationales. Pour cela, il a été convenu de célébrer en 2016 le cinquantième anniversaire du lancement des relations bilatérales entre le Koweït et la Confédération suisse.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
A cette occasion, je me rappelle de ma visite officielle à Berne, la capitale fédérale de  la Confédération suisse, au mois de Septembre 2011, où, lors des entretiens officiels avec Son Excellence le Président suisse à l’époque, Mme Micheline Calmy-Rey, elle m'a présenté, M. Etienne Thévoz, en tant que le nouvel ambassadeur de la Confédération suisse au Koweït. Je me souviens de mes rencontres avec les représentants de la Suisse, nos entretiens couronnés de succès et ma visite au Parlement suisse exceptionnel, distingué par sa démocratie et son bâtiment historique unique, et c’est une visite que je chéris pendant la période de mon travail officiel.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je regrette aujourd'hui de dire adieu à un collègue qui nous est cher, Son Excellence l'Ambassadeur Etienne Thévoz, qui a joué un rôle essentiel dans le développement des relations entre nos deux pays. Nous lui souhaitons plein de succès dans la représentation de son pays auprès des autres pays du monde, avec le même courage, la même énergie et la même sincérité que nous avons témoignés lors de son séjour parmi nous au cours de ces dernières années. Peut-être son expérience de travail diplomatique au Koweït enrichira son expérience lorsqu'il prendra ses fonctions à l'État du Qatar, et ce en raison de la grande similarité entre nos sociétés et nos régimes au Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Et la proximité de ces pays lui permettra de se rendre quand il le veut au Koweït, où il sera toujours le bienvenu.
A cette occasion, je me souviens d’un vers de poésie arabe qui dit:
«Nous avons séjourné dans ce lieu, puis nous sommes partis, parce que la vie est une arrivée et un départ.»

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Celui qui fait partie du corps diplomatique sait que voyager et se déplacer est le sort des diplomates et de leurs familles. Le départ, l’arrivée, la rencontre, l'adieu et la nostalgie forment un vocabulaire essentiel dans leur vie. Aussitôt que le diplomate atterrie et commence - avec le mal du pays - sa journée dans un nouvel endroit, il se trouve, le jour de départ, avec un grand réseau de relations, d’amitiés, de souvenirs, de sentiments et de positions. Et c’est ce réseau de relations qui pèsent sur lui lors de son départ et le tente de rester. Cependant, le sort du diplomate est de suivre ce mouvement circulaire, qui le ramène, à chaque fois, au point de départ, et le résultat de ce mouvement répétitif circulaire du diplomate est une richesse des connaissances accumulées par les cultures, les langues, les informations, l'histoire, et la géographie, ce qui en fait une personne de valeur distinguée dans la société, et je dis cela à partir de l’expertise que j’ai acquise à travers mon expérience au travail diplomatique, pendant trente ans, à l'intérieur et l'extérieur de mon pays le Koweït.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
La diplomatie koweïtienne dont les piliers ont été établis par mon mentor, Son Altesse l’émir du Koweït, Cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, qui était le doyen de la diplomatie dans le monde, est basée sur la communication avec tout le monde dans le cadre des conventions internationales et arabes. Elle cherche à rapprocher et à réconcilier au lieu de se disputer et de couper les ponts dans un cadre de respect mutuel. Cette diplomatie  croit aussi en l'importance du rôle humanitaire envers les peuples du monde, affligés ou nécessiteux. Là, je voudrais souligner dans mon discours, une règle essentielle de la diplomatie koweïtienne: le Koweït n’oublie pas ses amis, et n’oublie pas ceux qui l’ont soutenu pendant les périodes difficiles. Leurs noms resteront dans la mémoire des générations futures. C'est dans le besoin que l'on reconnaît ses vrais amis, et comme on dit en anglais, «A friend in need is a friend indeed», et la position de la Suisse envers l’invasion tyrannique du Koweït restera gravée dans la mémoire des générations et dans l'histoire du Koweït.

En conclusion, je voudrais vous remercier tous, ainsi que je voudrais  remercier Son Excellence l'Ambassadeur Etienne Thévoz pour tous ses efforts déployés afin de renforcer les diverses relations entre nos deux pays, et je lui souhaite succès et bonne chance dans son travail et au service de sa patrie.

 
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