Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammad Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah à l’occasion du cinquantenaire des Relations diplomatiques entre le Koweït et la Suisse  
  25 novembre 2016  
     
 

Au nom de Dieu le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux et que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur son Prophète Muhammad e, sa famille et tous ses compagnons,
Son Excellence Monsieur Yves Rossier, Secrétaire d’Etat,
Monsieur Guillaume Barazzone, Maire de la Ville de Genève,
Monsieur Yves Fluckiger, Recteur de l'Université de Genève
Monsieur Pierre Willa, Directeur des Affaires internationales à l’Université de Genève,
Leurs Excellences les Ambassadeurs du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe et les Membres du Corps diplomatique,
Leurs Excellences les Représentants permanents auprès de l’Office des Nations Unies à Genève.
Mesdames et Messieurs,

Nous célébrons aujourd’hui le passage de plus de cinquante ans sur les relations bilatérales Suisse- Koweït. C’est une célébration qui me ramène 50 ans en arrière en la profondeur de ma mémoire et qui me rappelle des années que j’ai  passées en tant que premier diplomate koweïtien nommé consul général pour la Confédération suisse dont le siège était à Genève en 1966, ainsi que représentant permanent auprès de l'Office européen des Nations Unies. Je me rappelle toujours du jour où j’ai présenté mes lettres de créance à la fameuse vieille ville de Genève. Je me souviens toujours de cette prestigieuse belle ville avec son aspect antique, avec ses rues, ses ruelles, ses jardins et son fameux lac. Et je garde toujours mes amitiés et mes relations cordiales au sein de la société suisse.

Pourtant, Genève existait dans mon cœur longtemps avant cela.  Je suis arrivé en Suisse pour la première fois en Avril 1959. J’y ai fait mes études universitaires et formé mon éducation suisse. Je me suis gradué de la prestigieuse université de Genève fondée en 1559. J’ai puisé de ses sciences, de sa culture, de sa beauté, de son goût raffiné et de ses concepts de liberté et de démocratie. Et peut-être mes années passées à l'Université de Genève ont établi la base de ma pensée et de mon style de vie. Or, de son antiquité j’ai acquis l'originalité, de sa diversité intellectuelle et culturelle j’ai acquis la modernité, de ses programmes stricts j’ai acquis le sérieux, des hauts rangs de ses professeurs j’ai acquis la subtilité, de ses salles de classe, de sa bibliothèque, de ses recherches et de ses études j’ai acquis la richesse de connaissances, et de son corps administratif j’ai appris la discipline et la précision.

Je tiens à cette occasion, à remercier sincèrement tous ceux de qui j’ai appris, ou de qui j’ai acquis quelque chose qui a enrichi mon discernement, surtout mes professeurs, et le corps enseignants de l'université en général, ainsi que le corps administratif. Je tiens à adresser un remerciement spécial au Conseil de l'Université, et à son Recteur M. Yves Fluckiger pour la Médaille Schola Genevensis que vous allez me décerner, et sur laquelle est marquée la date de la fondation de l’université de Genève, 1559 et dont je serai toujours fier. Je tiens de même à remercier les responsables de la Fondation Hardt, pour avoir reçu cette célébration dans son prestigieux bâtiment et en face des étagères de sa bibliothèque, ce qui donne un aspect académique et scientifique à notre célébration.

 

Mesdames et Messieurs,
Dans ce discours, je voudrais vous donner une idée de notre politique koweitienne étrangère, qui consiste à respecter les principes et les objectifs énoncés dans les chartes des Nations Unies, de la Ligue arabe et du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, et à bénéficier des équilibres internationales, à fortifier nos relations avec les forces politiques internationales émergentes, et à les investir pour en bénéficier au niveau national, à éviter les conflits régionaux, autant que possible, à supporter la paix et la sécurité internationales, à refuser les pratiques qui menacent la paix mondial ou encouragent l'injustice et l'agression. Le Koweït condamne toutes les formes de terrorisme mondial, et rejette les tentatives de lier l'islam aux actes de violence commis par quelques personnes.
Au niveau régional, le Koweït cherche à étendre et à développer le rôle de l'intégration politique, économique et de sécurité collective avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe, et à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures des autres, à respecter les traités et les accords bilatéraux, à promouvoir le respect mutuel quant aux relations avec les autres pays, et à les traiter avec égalité, basée sur le principe du respect de la souveraineté.

Sur le plan économique, le Koweït essaie de suivre une politique équilibrée dans le domaine du pétrole, et de chercher à stabiliser les marchés et à les protéger contre la volatilité et les perturbations.
Sur le plan humain, la politique étrangère du Koweït s’est caractérisée par un trait humanitaire distinctif à travers l'adoption du principe de soutenir les projets de développement dans les pays en développement, de fournir les aides humanitaires aux zones sinistrées, de soutenir les victimes des catastrophes naturelles, et des guerres et conflits.

Mesdames et Messieurs,
Un groupe qualifié de koweïtiens travaillant au sein du Ministère des Affaires étrangère s’occupe de l’exécution de notre politique étrangère. Cette politique, dont les piliers ont été établis par mon mentor Son Altesse l'Emir, se caractérise par le côté humanitaire au niveau du monde, jusqu'à ce que le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon a décrit le Koweït, lors de la célébration organisée en l’honneur de Son Altesse l’Emir au siège des Nations Unies, en tant que «le centre humanitaire global»,  et a nommé Son Altesse l’Emir «le Leader de l'action humanitaire», en accentuant le rôle humanitaire positif et pionnier du Koweït.

Mesdames et Messieurs,
Nous au Koweït, nous n’oublierons jamais la position de la Confédération suisse supportant le Koweït lors de l’agression de Saddam Hussein, ni comment la ville de Genève a réagi envers la souffrance de notre peuple, en ouvrant les portes de ses écoles devant nos enfants, et en fournissant des services gratuites à tous les Koweïtiens résidant sur son territoire. Nous n’oublierons jamais la position du gouvernement suisse vis-à-vis du sujet des prisonniers et des personnes disparues, à travers les efforts déployés au sein du Comité international de la Croix-Rouge. Là, nous ne manquons pas de louer les efforts déployés par le Comité international de la Croix Rouge, dont le siège est à Genève, pour supporter les peuples en souffrance et leur fournir les aides humanitaires.

Mesdames et Messieurs,
En conclusion, je voudrais signaler notre relation solide qui s’est fortifiée au cours des dernières années, à tel point que la Suisse est devenu l’un des pays les plus favorisés par les hommes d’affaires koweitiens grâce à son environnement financier sécurisé et à son système judiciaire juste et équitable. En plus de cela, la Suisse est le pays favorisé par les touristes Koweïtiens dont le nombre a atteint près de 40.000 pendant les dernières années. Là, il est à noter qu’un grand nombre de touristes musulmans n’interrompent plus leurs vacances d’été pour rentrer lors du mois de Ramadan, et ce grâce au respect de religions qui distingue votre pays, surtout qu’au cours des dernières années, la plupart des hôtels à travers la Suisse ont destiné à leurs résidents musulmans une salle de prière et ont commencé à offrir à ceux qui jeûnent le dîner de Ramadan qui commence après le coucher du soleil et le repas de suhur servi avant le lever du soleil. Le tout n’est que le reflet de la relation distinguée entre les deux peuples amis.

Enfin, permettez-moi d’exprimer mes remerciements pour votre aimable invitation, et mon grand plaisir de m’adresser à vous et d’avoir reçu la Médaille Schola Genevensis de la prestigieuse Université de Genève.

 
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