Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammed Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah lors de la cérémonie organisée à l'Ambassade du Canada à l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie  
  18 mars 2019  
     
 

Monsieur l’Ambassadeur de la République du Sénégal et Doyen du corps diplomatique,

Monsieur l’Ambassadeur du Canada,

Messieurs les Ambassadeurs de la France, de la Belgique, de la Suisse, de la Roumanie, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin, de l’Égypte, et du Liban,

Messieurs les Membres du Corps diplomatique,

Monsieur le Représentant du Comité international de la Croix Rouge,

Nos Amis les Francophones,

Mesdames et Messieurs,

 

Nous nous rencontrons une nouvelle fois, comme chaque année en mars, pour célébrer la Journée de la francophonie au Koweït et exprimer notre gratitude pour tout ce que la culture francophone a offert à l'humanité tout au long de son histoire, surtout dans les domaines de la littérature, de la philosophie, de la politique, des arts et des sciences. Je voudrais remercier leurs excellences les ambassadeurs des États francophones, la France, la Belgique, la Suisse, la Roumanie, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin, l’Égypte et le Liban pour leur contribution à la célébration annuelle de cette occasion.

 

Mesdames et Messieurs,

La langue française est l’une des langues qui a su mettre en valeur l’idée de la communication civilisée entre les peuples. C’est l’une des langues qui a échangé le lexique, les sens et les tournures avec d’autres langues et qui s’est prouvée capable de donner autant que de prendre tout au long de sa longue histoire. À l'époque andalousite, elle a interagi avec la culture arabe, à laquelle elle a emprunté un vocabulaire et une terminologie qui sont devenus une partie intégrante de la langue française, comme l'ont souligné de nombreux chercheurs, tel le célèbre orientaliste belge, Henry Lammens. Le pape Sylvestre II du dixième siècle (940-1003) est considéré comme l’un des pionniers de cette interaction à l’époque. Pourtant, la langue française était aussi une langue qui a donné son vocabulaire à d’autres langues ; beaucoup de peuples asiatiques et africains ont emprunté à la langue française une grande partie de son vocabulaire qu’ils utilisent dans leurs dialectes locaux, et ceci est très évident dans quelques dialectes arabes, qui ont emprunté à la langue française une partie de son vocabulaire, pour l’utiliser dans les détails de notre vie contemporaine.

 

Dans mes discours précédents prononcés à l’occasion de la francophonie au cours des dernières années, j’ai souligné que la Francophonie conserve l’histoire et les expériences des nations à travers les différents continents: la langue française n’est plus la propriété privée des Français, ni l’outil d’expression de leur production culturelle. Elle est devenue la langue d’expression de la culture d’autres peuples en Amérique, en Afrique et en Asie. Son vocabulaire et ses tournures linguistiques sont devenus l’outil utilisé pour enregistrer les émotions, les idées, les pensées et les connaissances d’une manière remarquable, autant dans le fond que dans la forme, de telle sorte que ses auditeurs soient impressionnés par son charme, son élégance, ses couleurs créatives et ses rythmes importants. Et puisque mon discours aujourd’hui met en évidence le mélange et les échanges culturels entre l’arabe et la francophonie, je voudrais souligner les premiers pionniers qui ont dressé les ponts entre les deux cultures, tels les grands orientalistes Antoine Isaac Silvestre de Sacy, Gustave Le Bon, Gaston Wiet, Henri de Boulainvilliers, Régis Blachère, Jacques Berque, le suisse Johann Ludwig Burckhardt et d'autres.

 

Cependant, de l'autre côté du pont, il y a des Arabes, ou des gens qui ont grandi dans un environnement arabe, qui ont choisi la langue française pour exprimer leurs pensées et leurs sentiments, en particulier ceux qui vivaient dans les villes du bassin méditerranéen, comme la Cisjordanie, Beyrouth, l'Alexandrie, la Tunisie, Casablanca et l'Algérie. Leurs œuvres rédigés en français reflétaient leur interaction avec le monde arabe. De ces personnes on cite Albert Cossery, Andrée Chedid, Kateb Yacine et Tahar Ben Jelloun. On trouve aussi ceux qui ont choisi de chanter en français pour exprimer leurs sentiments artistiques, tels que Enrico Macias, le fils de la ville algérienne Constantine ou Dalida la fille de Shubra en Égypte.

 

 

Mesdames et messieurs,

 

A la fin de ce mot, je tiens à réitérer mes remerciements à Son Excellence l’Ambassadeur du Canada et au personnel de l’Embassade qui ont contribué à la réussite de cette soirée. Je salue leurs excellences les ambassadeurs de la Francophonie et tous leurs résidents à l'État du Koweït. Et je voudrais aussi saisir cette occasion pour souligner la solidité de nos relations diplomatiques avec vos pays, et vous rappeler que nous n’oublierons jamais la position honorable de vos pays lors de l’agression de Saddam Hussein contre notre pays, et votre contribution à la libération de notre cher Kuwait.

 

Merci.

 
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