Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammed Al-Ahmed Al-Jaber Al-Mubarak Al-Sabah à l’occasion de la visite de Président du Sénat de la République française  
  30 avril 2019  
     
 

Son Excellence Monsieur Gérard Philippe René André Larcher,

Président du Sénat de la République française,

 

Mesdames et Messieurs les membre de la délégation accompagnante,

 

Leurs Excellences les Membres du Corps diplomatique,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Il me fait grand plaisir de souhaiter la bienvenue à notre invité, M. Gérard Larcher, Président du Sénat de la République française, et à sa délégation accompagnante, qui visitent l’État du Koweït suite à l'invitation officielle de Son Excellence M. Marzouq Ali Al Ghanem, Président de l'Assemblée nationale de l'État du Koweït.

 

Monsieur le Président,

Le nom de la France est associé dans notre histoire moderne au mouvement de la Renaissance arabe. La France avec sa culture, sa langue et sa révolution a inspiré de nombreux pionniers arabes du siècle des Lumières. Les premières tentatives de construire un État moderne en Égypte ont pris la France comme modèle à suivre, et ses dirigeants ont abouti à construire la Caire moderne selon l'architecture parisienne. Les universités françaises ont ouvert leurs portes aux premiers étudiants arabes dont les intellectuels arabes, Rifa'a El Tahtawi en Égypte et Butrus Al-Bustani en Syrie. Les principes de la Révolution française ont inspiré de nombreux penseurs arabes du XIXème siècle, surtout les idées liées aux libertés politiques, à la démocratie et à la cohésion sociale, qui visaient à éradiquer la tyrannie, la domination et l’oppression. Inspirés par ces idées, ils ont formé leurs associations, publié leurs journaux, écrit leurs œuvres, lutté contre la tyrannie, appelé à la liberté et exigé d’appliquer la démocratie. L’impact de la culture française les a poussés à entretenir des dialogues au sein du monde arabe sur la modernité et l'authenticité, influencés par les philosophes du siècle des Lumières européens. Des exemples de dialogues entre les intellectuels arabes et les intellectuels français, on trouve les débats entre les deux cheikhs, Jamal Al-Din Al-Afghani et Mohammed Abduh avec les intellectuels français, Ernest Renan et Gabriel Hanotaux.

 

L’expérience démocratique en France a non seulement suscité l’admiration des Arabes, mais c’était plutôt l’expérience pionnière et inspirante pour toutes les démocraties modernes du monde, en particulier dans le domaine des libertés politiques.Pendant toute cette période où les Arabes ont été exposés à la civilisation occidentale, le français était leur clé pour communiquer avec les réalisations de cette civilisation. Les intellectuels l’ont utilisée pour se familiariser avec la modernité, Les hommes politiques l’ont utilisée dans leur travail diplomatique, et les législateurs l’ont utilisée pour formuler des lois. Pour moi personnellement, le français était l’une des langues essentielles de ma culture. En fait, j’ai suivi mes études universitaires en français. Et les missions diplomatiques des pays francophones m’ont donné l’honneur de prononcer le mot d’ouverture de la Journée internationale annuelle de la francophonie au Koweït. Grâce à tout cela, notre relation avec la France n’est pas seulement une relation avec un grand pays européen, mais c’est une relation liée au développent de la renaissance arabe.

 

Monsieur le Président,

Les objectifs traditionnels des visites officielles échangées ne sont plus suffisants pour les gens du XXIème siècle. Les intérêts communs portés à la sécurité de notre planète, à la préservation de son environnement et à la préservation de notre paix commune sont devenus aussi importants que le renforcement des intérêts ou des relations bilatérales entre les pays. Ces nouveaux objectifs appellent à permettre aux peuples et à leurs sociétés civiles de se rencontrer, de découvrir leur diversité et d’identifier leurs traits communs. Les meilleurs moyens pour parvenir à cela sont les échanges culturel, artistique, scientifique et éducatif. J’insiste donc à dire que les entretiens officiels entre les pays ne doivent se limiter pas aux questions stratégiques, militaires et économiques, mais qu’ils doivent inclure la culture, l'art, le folklore, la religion et l'éducation.

 

Monsieur le Président,

Je voudrais également rappeler la position honorable de la France lors de l’épreuve de l'occupation du Koweït. Le gouvernement français a affirmé dans une déclaration publiée au cours des premières heures de l’invasion, sa ferme position de principe qui condamnait l'agression, exigeait le retrait immédiat des forces irakiennes du territoire koweïtien et soutenait la demande des dirigeants koweïtiens au Conseil de sécurité de convoquer à une réunion immédiate. Le soutien de la France ne s'est pas limité à la condamnation ou à la ferme position politique, mais elle a joué un rôle militaire et participé à la force de la coalition: environ 18000 soldats français ont participé à l'opération de la «Tempête du Désert» pour libérer le Koweït. Le Feu Émir Cheikh Jaber Al-Ahmed Al-Sabah a effectué une visite officielle à Paris en octobre 1991, où il a exprimé les remerciements du Gouvernement et du peuple du Koweït pour la ferme position de la France en faveur du droit du Koweït et pour sa collaboration effective à la libération du Koweït. De même, après son entrée en fonction, Son Altesse l’Émir Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, s'est rendu à Paris d’où il a commencé sa tour officielle en Europe, ce qui souligne les profonds liens qui unissent nos deux pays. La bande FM de la Radio France Internationale, qui diffuse en français, a été lancée au moment où l’avion de Son Altesse l’Émir a atterri à l’aéroport d’Orly. Ces liens distingués entre nos deux pays ont été aussi soulignés par le précédent Président français Nicolas Sarkozy, lors de sa visite officielle à l’État du Koweït en 2009, laquelle a renforcé les concepts du partenariat stratégique entre les deux pays. J'ai moi-même également exprimé la gratitude des dirigeants, du gouvernement et du peuple koweïtiens lors de ma visite officielle en France suite à l'invitation du Premier Ministre François Fillon en avril 2010 où j'ai affirmé que les positions de la France resteront dans la mémoire des générations koweïtiennes futures et que nous serons toujours fidèles à nos amis qui nous ont soutenus pendant notre épreuve.

 

Monsieur le Président,

Je vous renouvelle mes souhaits de bienvenue au Koweït, ainsi qu’à votre délégation accompagnante, en vous assurant ma fierté de cette visite qui reflète les liens profonds qui unissent nos deux pays et qui sont basés sur la compréhension et le respect mutuel. Monsieur le Président, je vous souhaite un bon séjour plein de succès.

 
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