Discours
  Discours de Son Altesse Cheikh Nasser Al-Mohammed Al-Jaber Al-Moubarak Al-Sabah à l'occasion de la visite des membres du Conseil d'administration de l’ «Arab Gulf States Institute» à Washington  
  18 mars 2019  
     
 

Ambassadeur Frank Wisner, Président du Conseil,

Madame la Présidente, Ambassadeur Marcelle Wahba,

Membres du Conseil d’administration de l’ «Arab Gulf States Institute» à Washington,

Chers membres du Corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs,

 

Il me fait plaisir de souhaiter la bienvenue à nos invités distingués, l’Ambassadeur Frank Wisner, l’Ambassadeur Marcelle Wahba, les membres du Conseil d’administration de l’«Arab Gulf States Institute» à Washington et leur délégation accompagnante, qui sont nos invités à l’occasion des réunions du Conseil au Koweït. Bienvenue au Koweït, chers amis.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Les faiseurs de pensée occupent le premier rang dans les sociétés civilisées et leur importance précède celle de nombreuses autres élites de la société, telles que les faiseurs d'opinion, les législateurs et les décideurs, parce que ces élites prennent les pensées des faiseurs de pensée et les transforment en opinions publiques, en législations ou en actions gouvernementales, et c’est pour cette raison que le progrès des sociétés est mesuré par le nombre de recherches effectuées dans leurs établissements universitaires, par la liberté accordée à leurs faiseurs de pensée et par le nombre de leurs centres de recherche ou « Think Tanks ». J’ai le plaisir de recevoir aujourd’hui les membres du Conseil d’administration de l’«Arab Gulf States Institute» de Washington, qui ont fait des pays du Golfe leur centre d’intérêt et de réflexion. L’importance de cet endroit ne réside pas seulement dans ses immenses réserves de pétrole ou dans ses fonds souverains d’actifs financiers importants, mais aussi parce qu’il est situé dans le Mashreq arabe (l’Orient), berceau des premières civilisations humaines, telles que Al-Magar, Dilmun, Sumer, Akkad, l’Égypte ancienne, Ugarit, Assyria, Sheba et d’autres. Cette zone est la boîte à secrets de nombreuses civilisations contemporaines qui sont à la recherche de leurs origines.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Au Koweït, nous cherchons toujours la paix et la stabilité. Notre principal outil pour y parvenir consiste à conserver la légitimité internationale représentée par les résolutions des Nations Unies et la Cour internationale de justice. Nous croyons que la démocratie est la base de la stabilité pour les nations et non une source de désintégration sous prétexte de soutenir les minorités et leurs revendications pour l'indépendance. Nous ne considérons pas notre pétrole comme une arme; en respect de la stabilité de la communauté internationale, nous le considérons comme un produit sur le marché soumis aux conditions de l'offre et de la demande. Nous nous sommes engagés à produire en fonction des besoins du marché sans nuire aux intérêts des producteurs et des consommateurs. Par nos fonds souverains, nous ne cherchons pas à dominer. Notre stratégie d'investissement consiste à réaliser des profits dans le cadre des politiques économiques équitables imposées par les pays sur leurs marchés. À cet égard, je voudrais souligner que l’abondance financière impose aux pays riches de s’engager auprès les pays en développement pour les aider à établir leur infrastructure et leur superstructure afin de les aider à progresser et à se développer. Sur cette base, notre politique consiste à donner et à aider sans interférer dans les politiques internes et externes de ces pays; C’est une politique suivie par le Koweït depuis que les revenus pétroliers ont commencé à s’accumuler, et nous suivons toujours cette politique. L’État du Koweït a créé le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe pour ce but, pourtant l’activité de notre aide et de diverses contributions dépasse ce fonds et va au-delà de l’activité officielle.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Il a été prouvé lors de l'occupation du Koweït Saddam Hussein que la stratégie d'adhésion à la légitimité internationale constituait un refuge pour tous les États membres de l'Assemblée générale des Nations Unies. A travers cette institution, l'agression contre le Koweït a été condamnée et la décision de libérer le Koweït a été prise. Les forces de la coalition, qui comprenaient plusieurs pays, ont été formées sous la direction des États-Unis d’Amérique. Làs, je voudrais évoquer le poste de l’Ambassadeur Thomas Pickering, qui était le Représentant permanent des États-Unis d’Amérique auprès de l’Organisation des Nations Unies à l’époque. Le 2 août 1990, alors que la nouvelle de l'agression contre le Koweït commençait à se répandre, il a personnellement appelé notre représentant permanent auprès de l'Organisation des Nations Unies, l'ambassadeur Mohamad Abulhassan, qui se trouve parmi nous aujourd'hui, pour l'informer de l'invasion brutale. Lorsqu'il ne l'a pas trouvé à la maison, il n'a pas laissé tombé. Il a appris qu'il était invité à dîner par le représentant permanent de Bahreïn auprès de l'Organisation des Nations Unies. Il a donc contacté le représentant de Bahrein à son domicile et a réussi à convaincre sa fille de lui donner le nom du restaurant « Russian Tea Room » où ils se trouvaient. Il a appelé le restaurant et a demandé au responsable du restaurant de le mettre rapidement en contact avec le représentant du Koweït, l’Ambassadeur Muhamad Abulhassan. Notre représentant a été surpris par la capacité et la persévérance de l’Ambassadeur Pickering à le contacter. Puis l’Ambassadeur Pickering a recommandé de prendre une décision rapide au Conseil de sécurité. Il a personnellement continué à faire tous les appels nécessaires pour suivre la situation et veiller à ce que nos dirigeants politiques atteignent l'Arabie saoudite en toute sécurité. Il a notamment insisté à inclure une clause additionnelle dans la résolution 660 du Conseil de sécurité, qui stipule que la légitimité du Koweït doit être restaurée et que le retrait total de tous les territoires occupés du Koweït devrait être atteint.

 

Ambassadeur Pickering, merci de tout cœur.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais également mentionner que nous sommes fiers d’avoir parmi nous aujourd’hui notre très cher ami, l’Ambassadeur Edward Skip Gnehm, à qui nous avons un grand respect et avec lequel j’ai personnellement travaillé pendant sept mois à Taef, en Arabie saoudite. Nous avons continué à travailler ensemble après la libération de mon pays, et l'Ambassadeur Gnhem a poursuivi son importante tâche en tant qu'ambassadeur des États-Unis auprès de l'État du Koweït pendant de nombreuses années.

 

Monsieur l'Ambassadeur Gnehm, encore une fois, merci, merci et merci du fond du cœur.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Au Koweït, nous n'oublierons jamais les positions de nos amis qui nous ont soutenus dans notre épreuve, et nous n'oublierons jamais leurs interactions avec nous et avec la souffrance de notre peuple. Nous n'oublierons jamais ceux qui nous ont soutenu par une parole ou une position, ni ceux qui ont aidé nos citoyens à fuir l'enfer de l'occupation, ou ceux qui ont contribué à la libération du Koweït par des efforts diplomatiques, militaires ou humanitaires. Nous nous souviendrons toujours de nos amis des États-Unis d’Amérique, le pays qui a assumé la plus grande partie des efforts de la Coalition internationale pour la libération du Koweït.

 

Chers amis, je voudrais réitérer ma chaleureuse bienvenue à vous et aux membres de votre délégation. Nous sommes fiers de vous accueillir chez nous à l’État du Koweït et nous vous souhaitons bonne chance.

 
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